Je t’aime; je te déteste. Tu es brillant, drôle, créatif et incroyable; tu es idiot, ennuyant, prévisible et banal. L’utilisation des mots est fascinante, complexe et parfois si nuancée. La communication passe par les mots, les gestes, le corps, et même l’énergie qu’il s’en dégage. On communique avec un objectif en tête, comme le désir de vouloir se lier à l’autre, d’obtenir quelque chose, de créer avec l’autre ou encore de le détruire. Parfois, c’est un échec, parfois un succès.

 

L’apprentissage

L’apprentissage de la communication se fait à travers les joies et les peines. Aux oreilles des enfants des mots d’adultes sont parvenus, certains lui ont donné des ailes, de la valeur et du courage. Mais des phrases, parfois maladroites ou, pire, cruelles ont écrasé ses vertèbres. L’enfant apprend ce qui est bien à dire et à ne pas dire, à cacher, à désavouer, à s’excuser; les mots pour aimer et pour détester. Il apprend le code de ses parents, qui lui enseignent de leur mieux. Et puis, un jour, le garçonnet s’émancipe et il développe aussi sa couleur, sans pouvoir nier totalement son héritage.   

 

L’intention

En fait, ce qu’ont fait avec les mots et la façon dont on les exprime peut faire toute la différence, comme toutes ces nuances de vert retrouvées dans une forêt. C’est de l’assemblage des mots et de l’intention que naissent des chansons inoubliables, des hymnes à l’espoir et d’ardentes prières.

C’est de la peur, de la colère, des souffrances et du dégoût que ces mêmes mots pourront donner un coup de couteau au cœur, provoquer une tempête médiatique, détruire des réputations. Parfois même, au nom d’un tel assemblage, des génocides ont été commis, et des enfants sont devenus de petits soldats. Et puis, il y a des mots réellement cruels, des insultes, des jurons et des qualificatifs dégradants. Mais même les mots ordinaires, quand ils sont utilisés pour faire des procès d’intention, des suppositions et exprimer des préjugés provoquent leurs lots de misère.

 

L’émetteur et le contexte

Ce qui est curieux, c’est que même un bonjour dit avec mépris peut faire mal. Donc le porteur et le contexte sont tout aussi importants. Quelle est son intention? Quelle est son habileté? Est-ce un homme de peu de mots, qui ne sait pas comment les manier ou, tout au contraire, un beau parleur qui sait endormir, persuader et même séduire? Celui qui au final n’hésite pas à mentir pour parvenir à ses fins? Ou si, au contraire, c’est un leader charismatique qui aide à rendre le monde plus beau? Car son langage donne courage et espoir, ses mots honnêtes proviennent de son cœur et de son authenticité. Ces mots déplacent des montagnes.

Il existe également des situations où les mots ne sont pas à la hauteur. Aucun mot ne peut rendre justice à la peine de voir mourir son enfant, à la joie d’une réussite, au désespoir des nuits les plus noires, ou au paysage grandiose d’une chaîne de montagnes. Seul un cri de liberté, de rage, de douleur ou des pleurs peuvent combler ce manque de mots. Parfois, le silence calme et paisible sera plus puissant qu’un merveilleux poème. Rien ne sert de parler sans cesse si on oublie de se fondre dans le regard rempli d’amour de son amant, ou encore de s’épater devant les yeux émerveillés d’un bébé.

 

Et moi, fascinée par tous ces mots et leurs messagers, j’essaie de comprendre l’essentiel, je recherche l’intention, je me concentre sur la signification des silences entre les mots avec des questions bien précises en tête : Mais qu’est-ce que tu veux vraiment dire? Et pourquoi?

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