Vous avez déjà entendu ou dit cette phrase, mais elle veut dire quoi exactement ? Êtes-vous capable de l’appliquer dans votre propre vie ? En gestion de conflit, cette phrase est plus qu’importante, car la plupart du temps, nous faisons des mots et des situations une affaire personnelle. Ainsi, nous empoissonnons nous-mêmes notre propre existence. Pourquoi ?

 

Don Miguel Ruiz dans son livre « Les quatre accords toltèques » mentionne que nous nous donnons beaucoup d’importance personnelle : « S’accorder de l’importance, se prendre au sérieux, ou faire de tout une affaire personnelle, voilà la plus grande manifestation d’égoïsme, puisque nous partons du principe que tout ce qui arrive nous concerne… Nous nous pensons responsables de tout. Moi, moi, moi, toujours moi »

 

En fait, nous ne sommes jamais responsables des actions, des pensées et des paroles d’autrui. L’autre pense et agit en fonction de sa vision du monde, il peut vous engueuler et vous considérer coupable de ses malheurs, mais en réalité, il est entièrement responsable de ce qui lui arrive. Ceux et celles qui se considèrent victime de la vie et des circonstances préfèrent attribuer leur malheur à autrui. Mais en réalité, ces derniers ne sont que des déclencheurs.

 

Cette idée, poussée à l’extrême va très loin, par exemple même une personne qui subit une agression physique ne devrait pas le prendre personnel. Elle s’est trouvée au mauvais endroit et au mauvais moment et a déclenché chez son agresseur de la violence. Toutefois, il faut réaliser que celle-ci l’habitait déjà, peut-être même depuis son enfance.

 

En situation de conflit, lorsque l’autre rejette nos idées, dit une phrase que nous considérons offensante ou qu’il pose un geste jugé inadéquat, le réflexe est de se sentir attaqué et de réagir. Une escalade s’ensuit rapidement et c’est le départ du conflit. L’antiréflexe consisterait à se demander, mais pourquoi il fait cela ? Qu’est-ce qu’il veut me dire dans le fond ? Quel est le sens caché derrière ses mots de colère, de blâme ou de reproche ? Quel est le besoin insatisfait qui hurle bien maladroitement ? Quelle est l’intention derrière l’action ? Quelle zone de souffrance ai-je déclenchée?  Peu de personnes se pose ce genre de question et bien honnêtement, il m’arrive encore de tomber dans le piège surtout si je suis fatiguée ou stressée.

 

Marshall B. Rosenberg, père de la communication non violente, souligne que notre nature profonde c’est la bienveillance. C’est en raison de nos conditionnements sociétaux que nous nous éloignons de celle-ci. « Prendre les choses personnelles » me semble bien en faire partie. Si vous le souhaitez, imaginez-vous comme un agent déclencheur puis lorsque vous vous sentirez attaqué, respirez, ne contre-attaquez pas et demandez-vous, mais que vit cette personne? Ce simple, mais puissant réflexe à développer pourrait drôlement alléger votre vie.