Eh non, je ne suis pas parfaite! 90 % du temps, je suis quand même en contrôle, mais voici un incident où je l’ai perdu.
C’est le 28 décembre, je viens de passer cinq heures à peinturer ma résidence en prévision de sa vente. Je suis épuisée et je reçois une copine pour le souper. Il est 15 h 00 lorsque je me rends à l’épicerie. Je regarde rarement l’afficheur de la caisse enregistreuse, mais là, je le fais. Le total de la facture est de 33,52 $ et la caissière me remet le reçu. J’ai hâte d’aller faire une petite sieste avant de préparer le souper. De plus, toute la journée, j’attendais des nouvelles d’une personne qui ne s’est jamais manifestée. Je me suis alors construis une histoire de rejet et d’abandon, et de vieilles blessures psychologiques en resurgirent.

 

En franchissant la porte pour sortir de l’épicerie, j’entends l’alarme qui résonne pour signaler un vol. Stupéfaits, deux jeunes commis me regardent et me disent d’attendre la responsable qui va vérifier mes achats. Dans ma tête, trois phrases : Ah bon, il y a des alarmes dans les épiceries? Mais je n’ai rien volé! Quelle perte de temps, je veux aller me coucher!

 

Lorsque la gérante s’approche de moi, elle me demande de vérifier ma facture. Je lui dis que j’ai tout payé. Elle rétorque qu’elle doit vérifier, c’est son travail. Irritée, je lui dis impoliment : « Vous devriez appeler la police, c’est ridicule! » Elle ne trouve pas le problème et me dit de l’attendre, car elle doit aller chercher son appareil à scanner les articles.  Selon elle, c’est probablement un code de sécurité qui ne s’est pas désactivé. Je me sens à demi-coupable. J’ai juste envie de m’en aller, mais ma petite voix me dit : « N’aggrave pas la situation, elle pourrait appeler la police… » Elle revient avec son appareil qui ne trouve pas l’article coupable… Je m’impatiente de plus en plus. Finalement, elle décide de prendre mes filets de poisson et de les passer dans la porte de sécurité et l’alarme retentit. Bon, enfin, on a trouvé le coupable : la morue!

 

Elle me redemande ma facture, je la lui lance quasiment. Je n’attends pas son OK et je la laisse en plan avec ma facture. Elle a dû me trouver terriblement impatiente et impolie. J’avoue l’avoir été. J’ai décidé de vous raconter cette histoire pour vous aider à réaliser certains facteurs qui n’aident pas aux échanges difficiles :

  • Énergie physique très basse
  • Présence de blessures psychologiques, même celles sans rapport avec l’incident
  • Émotions de mal-être : surprise, indignation, stress, impatience et colère

 

Dans cette situation, j’ai été surprise et surtout je n’avais pas l’énergie physique pour me maîtriser. Ce qui n’est pas une excuse. Toutefois, quand je me prépare à un échange ou à une médiation difficile, il est clair que je mets toutes les conditions gagnantes de mon côté. Cela commence par moi, moi et moi, sans aucun rapport avec l’autre. Êtes-vous capable de reconnaître pour vous-mêmes les mauvaises et les bonnes conditions? Et quel choix faites-vous?